Lorsque vous commencez un traitement par GLP-1, il y a beaucoup à anticiper avec optimisme. L'appétit se réduit, les fringales disparaissent presque d'elles-mêmes, et le poids commence enfin à évoluer dans le bon sens. Mais le corps a besoin de nutriments en permanence — et lorsque vous mangez nettement moins qu'avant, il est facile de passer à côté de vitamines et de minéraux essentiels sans vous en rendre compte immédiatement. Ce n'est pas votre faute, et vous êtes loin d'être seul ou seule dans cette situation. Dans cet article, nous passons en revue les nutriments les plus exposés au risque de carence, comment vérifier si vous en manquez, et ce que vous pouvez faire concrètement.

Pourquoi le traitement par GLP-1 peut-il entraîner des carences nutritionnelles ?

Les médicaments GLP-1 agissent notamment en ralentissant la vidange gastrique et en réduisant fortement l'appétit. Beaucoup de personnes décrivent la disparition du « bruit alimentaire » dans leur tête — elles pensent tout simplement beaucoup moins à la nourriture qu'avant. Cela signifie que vous consommez moins de calories, ce qui est précisément l'objectif. Mais les calories transportent aussi des nutriments, et lorsque l'apport calorique diminue, l'apport en vitamines et minéraux tend à suivre le même chemin.

De plus, les effets indésirables tels que les nausées, les vomissements et la diminution de l'appétit — surtout pendant la phase de titration — peuvent rendre encore plus difficile la consommation de quantités suffisantes d'aliments de qualité. Certaines personnes évitent des groupes d'aliments entiers parce qu'ils sont difficiles à digérer. Tout cela contribue à ce que le corps puisse se retrouver en déficit de nutriments essentiels, même sans régime délibéré.

Une analyse publiée dans PubMed (2024) souligne que les patients sous agonistes des récepteurs GLP-1 devraient être évalués régulièrement pour détecter d'éventuelles carences nutritionnelles, en particulier lors d'un traitement prolongé.

Quels nutriments surveiller particulièrement ?

Vitamine B12

La B12 est indispensable au bon fonctionnement du système nerveux, à la formation des globules rouges et à la production d'ADN. Elle se trouve presque exclusivement dans les produits d'origine animale — viande, poisson, œufs et produits laitiers. Comme beaucoup de personnes sous traitement GLP-1 consomment moins de ces aliments, une carence en B12 est un risque bien réel. Au début, elle peut se manifester par de la fatigue et des difficultés de concentration ; à long terme, elle peut provoquer des lésions nerveuses parfois irréversibles. Il est conseillé de contrôler régulièrement le taux de B12 et de s'assurer un apport quotidien d'au moins 2,4 µg.

Vitamine D et calcium

La vitamine D est synthétisée dans la peau sous l'effet du soleil, mais la plupart des Européens présentent des taux insuffisants une grande partie de l'année. Lorsque la consommation de produits laitiers et de poissons gras diminue, l'apport se réduit encore davantage. La vitamine D est nécessaire à l'absorption du calcium par l'organisme, et le calcium est le principal constituant des os. Un apport insuffisant en calcium sur le long terme augmente le risque d'ostéoporose. Le NHS recommande 10 µg (400 UI) de vitamine D par jour en standard, tandis que de nombreux experts recommandent 25 µg (1 000 UI) pour les personnes qui sortent peu.

Fer

Le fer est essentiel au transport de l'oxygène dans le sang. Les femmes en âge de procréer sont particulièrement exposées à la carence en fer. La viande rouge est la source la plus riche en fer héminique (facilement assimilable), et lorsque sa consommation diminue, les réserves en fer peuvent s'épuiser progressivement. Les signes d'une carence en fer sont la fatigue, la pâleur et l'essoufflement. Attention : les suppléments de fer ne doivent être pris que si une carence est confirmée par des analyses sanguines — un excès de fer peut être nocif.

Zinc

Le zinc joue un rôle important dans l'immunité, la cicatrisation et les sens du goût et de l'odorat. On le trouve dans la viande, les fruits de mer et les légumineuses. Une alimentation réduite et des épisodes de nausées peuvent conduire à un apport insuffisant en zinc. Certaines personnes sous GLP-1 signalent des modifications du sens du goût ; si cela est souvent directement lié au médicament, une carence en zinc peut aggraver le phénomène.

Folate (vitamine B9)

Le folate est central pour la division cellulaire et revêt une importance particulière pour toutes les personnes susceptibles de tomber enceintes, car un apport suffisant en folate en début de grossesse réduit significativement le risque d'anomalies du tube neural. Le folate se trouve dans les légumes verts, les haricots et les lentilles — des aliments que certaines personnes évitent parce qu'ils peuvent provoquer des inconforts digestifs pendant le traitement GLP-1. Si vous envisagez une grossesse ou êtes déjà enceinte, il est d'autant plus important de veiller à un apport adéquat en folate. Pour en savoir plus, consultez notre article sur GLP-1 et fertilité.

Magnésium

Le magnésium intervient dans des centaines de processus enzymatiques dans l'organisme et joue un rôle essentiel dans la fonction musculaire, le sommeil et la transmission nerveuse. On le trouve dans les noix, les graines, les légumineuses et le chocolat noir. Un apport alimentaire réduit peut entraîner des taux de magnésium insuffisants, qui peuvent se manifester par des crampes musculaires, des troubles du sommeil et de la fatigue — des symptômes faciles à confondre avec les effets indésirables du médicament lui-même.

Comment savoir si vous avez une carence ?

Le seul moyen fiable de le savoir est de réaliser des analyses sanguines. Demandez à votre médecin de prescrire les bilans suivants :

Beaucoup de ces valeurs peuvent rester dans les normes même lorsqu'une carence est en train de s'installer, il est donc judicieux de faire ces bilans régulièrement — idéalement au démarrage du traitement, puis tous les six mois.

Faut-il prendre des compléments alimentaires ?

Un multivitamines complet est une précaution simple et abordable pour la plupart des personnes sous traitement GLP-1. Il ne remplace pas une alimentation variée, mais couvre de nombreux besoins de base lorsque les apports alimentaires sont réduits. Au-delà de cela, voici ce qui est généralement recommandé :

Évitez de prendre de fortes doses de micronutriments individuels sans avis médical. Plus n'est pas toujours mieux — certaines vitamines et certains minéraux sont dangereux à des doses élevées.

Que faire au quotidien ?

Les compléments sont un filet de sécurité, mais ils ne remplacent pas une bonne alimentation. Voici quelques gestes simples à adopter :

Parlez à votre médecin

Votre médecin ou l'infirmier ou l'infirmière qui suit votre traitement doit toujours être informé des symptômes que vous ressentez pendant le traitement GLP-1 — qu'il s'agisse de fatigue, de crampes musculaires, de difficultés de concentration ou d'autres troubles pouvant évoquer une carence nutritionnelle. N'hésitez pas à demander des analyses sanguines. C'est un outil simple et efficace pour détecter les problèmes tôt, et cela fait partie intégrante d'un suivi de qualité d'un traitement par GLP-1.

Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas un avis médical. Consultez toujours votre médecin ou un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation, de commencer une supplémentation ou d'ajuster votre traitement.

Sources