Vous avez peut-être perdu beaucoup de poids avec Wegovy, Ozempic ou Mounjaro — et vous vous demandez maintenant si vous pouvez arrêter le traitement. Ou peut-être devez-vous l'arrêter en raison du coût, de problèmes d'approvisionnement ou d'effets secondaires. C'est l'une des questions les plus fréquentes chez les personnes sous traitement GLP-1 : Que va-t-il arriver à mon poids et à ma santé si j'arrête ? Voici ce que la recherche nous dit réellement.

Votre corps se souvient de son ancien poids

Les médicaments GLP-1 agissent en supprimant les signaux de faim et en élevant le seuil biologique de satiété. Tant que vous prenez le médicament, votre organisme est dans un état modifié. Quand vous arrêtez, ces signaux reviennent progressivement à leur niveau de base — et pour beaucoup de personnes, cela signifie que la faim revient et que le poids remonte.

Ce n'est pas un signe de manque de volonté. C'est de la biologie. L'obésité est une maladie chronique, pilotée par de puissants mécanismes hormonaux, et les médicaments GLP-1 traitent ces mécanismes — sans pour autant les guérir définitivement. Tout comme un médicament antihypertenseur maintient la tension artérielle basse le temps où vous le prenez, un médicament GLP-1 maintient le poids bas le temps où vous le prenez.

Ce que l'étude d'extension STEP 1 nous apprend sur le semaglutide

L'étude la plus citée dans ce domaine est l'étude d'extension de l'essai STEP 1, publiée dans Diabetes, Obesity and Metabolism en 2022. Les participants avaient utilisé le semaglutide 2,4 mg (Wegovy) pendant 68 semaines, perdant en moyenne 17,3 % de leur poids corporel. Ils ont ensuite arrêté le médicament et ont été suivis pendant 52 semaines supplémentaires.

Le résultat était sans équivoque : en l'espace d'un an après l'arrêt, les participants avaient repris les deux tiers du poids perdu. À la semaine 120 (un an après l'arrêt), la réduction nette de poids moyenne n'était plus que de 5,6 % — contre les 17,3 % atteints pendant le traitement. Le poids n'est pas revenu entièrement à son niveau initial — mais en grande partie, oui.

Ce que l'essai SURMOUNT-4 nous apprend sur le tirzepatide

Pour le tirzepatide (Mounjaro), l'essai SURMOUNT-4 (publié dans JAMA en 2023) est l'étude la plus instructive. Les participants ont reçu du tirzepatide pendant 36 semaines et ont perdu un poids significatif, après quoi la moitié a poursuivi le traitement et l'autre moitié a été placée sous placebo pendant 52 semaines.

Parmi ceux qui ont arrêté le tirzepatide, 82,5 % ont repris au moins 25 % du poids perdu en l'espace d'un an. Par comparaison, le groupe qui a continué le tirzepatide a perdu 5,5 % supplémentaires durant la même période. L'écart était saisissant : poursuivre le traitement ou l'arrêter conduit à des résultats très différents.

Une analyse de suivi a également montré que les participants ayant repris le plus de poids ont aussi connu la plus forte inversion des bénéfices cardiovasculaires apportés par le médicament — notamment les améliorations de la tension artérielle, du cholestérol et de la glycémie.

L'arrêt tourne-t-il toujours mal ?

Pas nécessairement. Une grande étude en conditions réelles menée par EPIC Research (2024) a suivi des milliers de patients ayant arrêté le semaglutide ou le liraglutide, et a constaté que :

Cela montre que les résultats sont très individuels. Les changements alimentaires, les habitudes d'exercice, la qualité du sommeil et le niveau de stress jouent tous un rôle dans le maintien du poids après l'arrêt.

Que se passe-t-il pour la santé au-delà du poids ?

Les médicaments GLP-1 ne font pas que faire perdre du poids — ils améliorent également la tension artérielle, la glycémie, le cholestérol et d'autres indicateurs de santé cardiovasculaire. Ces améliorations ne sont pas permanentes. Les recherches montrent que la plupart de ces marqueurs de santé reviennent progressivement à leur niveau de base à mesure que le poids est repris.

Pour les patients en prédiabète, c'est particulièrement important : des études montrent que beaucoup de ceux qui ont arrêté le semaglutide étaient retournés en état prédiabétique un an après l'arrêt — même si leur glycémie s'était normalisée pendant le traitement.

La reprise de poids est plus rapide qu'après un régime

Une nouvelle étude de l'Université d'Oxford (janvier 2026) a comparé la reprise de poids après l'arrêt d'un médicament et après l'arrêt d'un programme diététique. La conclusion est que le poids revient plus vite après l'arrêt du médicament — environ 0,3 kg par mois plus vite qu'après l'arrêt d'un programme alimentaire. Cela souligne que le médicament supprime activement les mécanismes biologiques qui favorisent la prise de poids, et que ces mécanismes sont prêts à reprendre le dessus dès que le médicament est arrêté.

Quand est-il judicieux d'arrêter ?

Il peut y avoir de bonnes raisons d'arrêter un médicament GLP-1 :

Parlez toujours à votre médecin avant d'arrêter le traitement. Une réduction progressive des doses permet parfois une transition plus douce qu'un arrêt brutal — même si les recherches dans ce domaine restent encore limitées.

Que pouvez-vous faire pour préserver votre perte de poids ?

Si vous arrêtez ou envisagez d'arrêter, certaines choses peuvent vous aider à maintenir une partie de votre perte de poids :

Le traitement GLP-1 est-il un traitement à vie ?

Pour de nombreux patients, la réponse semble être oui — tout comme c'est le cas pour les médicaments contre l'hypertension artérielle ou l'hypercholestérolémie. L'obésité est une maladie chronique, et pour beaucoup de personnes, elle nécessite un traitement chronique. Cela ne signifie pas que tout le monde doit prendre le médicament indéfiniment, mais cela signifie que la poursuite d'un traitement au long cours est une option réaliste et légitime si elle est possible et adaptée à la situation.

C'est une discussion importante à avoir avec votre médecin — et non une décision à prendre seul.

En résumé

Sources